Elus, familles et pompiers ont rendu un vibrant hommage aux pompiers décédés suite au tragique incendie de forêt qui avait ravégé les collines de Cabasson le 21 juin 1990. Tous se sont recueillis autour de la stèle commémorative érigé sur le lieu du drame, il y a 24 ans.
A l'occasion dune promenade, le hasard m'a conduit sur la stèle de la montée des Arum à Cabasson. Ému par le drame qui a emporté ces jeunes pompiers engagés dans la lutte contre l'incendie du 21 juin 1990, j'ai écrit ce texte dès mon retour à mon domicile. Je vous l'offre...<br />
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La montée des Arums<br />
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Daniel POMERO<br />
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09/2012<br />
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C’est une piste abrupte qui s’offre à notre effort,<br />
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S’élevant sur les toits du Cabasson ancien.<br />
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Tracée au droit du mont, elle va jusqu’au ciel,<br />
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Et culmine à la stèle des jeunes morts au feu.<br />
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Que le Var est superbe depuis cette vigie,<br />
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Toutes les îles d’Hyères défilent au regard,<br />
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Depuis la tour fondue jusqu’aux confins de Bormes,<br />
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L’univers est superbe à se bien recueillir.<br />
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Une onde de chaleur a embrasé l’espace,<br />
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D’un souffle maléfique, destructeur, effroyable.<br />
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L’inexorable ampleur des gaz accumulés,<br />
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S’est soudain employée à soustraire leur vie.<br />
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Ils étaient volontaires en cime des Arums,<br />
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La fournaise a bondi jusqu’au tréfonds des casques,<br />
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Jetant un sort fatal sur leurs jeunes ardeurs,<br />
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A dompter l’élément au risque de s’y perdre.<br />
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L’engin est là rouillé, pour rappeler le drame,<br />
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De ce vingt et un juin qui emporta leur âme.<br />
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Inerte est la carcasse scellée à tout jamais,<br />
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Dans l’arome des Maures, pour honorer leur don.<br />
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Il reste quatre noms livrés à la mémoire,<br />
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La pinède détruite laisse place au maquis,<br />
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Où cistes et bruyères s’extirpent des rocailles,<br />
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Un peu comme la vie qui germe d’un tombeau,<br />
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Que la piste est abrupte, qui culmine à la stèle,<br />
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Des jeunes morts au feu, avant d’avoir vécu.<br />
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C’était une balade juste à dompter l’espace,<br />
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De notre Var sublime dans ses moindres replis.<br />
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Voilà que ces pompiers s’animent à m’obséder,<br />
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Déployant leurs tuyaux au plus près du tumulte,<br />
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Faisant fi des morsures des flammes contrariées,<br />
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D’une hargne à contrer l’assaut dévastateur.<br />
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Quand les cigales chantent dans des senteurs de pins,<br />
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Quand l’été bat sont plein sous de chaudes étreintes,<br />
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La bouffée des garrigues, et l’eau fraîche du puits,<br />
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Sont autant de contrastes qui fondent patrimoine.<br />
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J’honore la mémoire de ces enfants du feu,<br />
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Je salue leur courage et puis leur dévouement,<br />
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A servir un blason et puis cette devise,<br />
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Qui les fait sauveteurs et à défaut périr.